Semlex fondée par Albert Karaziwan vous emporte aux Comores

Vous pensez explorer voire travailler aux îles Comores ? Voici un témoignage d’une jeune diplômée ayant reçu pour mission de gérer une équipe dans l’archipel des Comores pour le lancement des documents d’identité nationaux. Quelques mois d’ « évasion » , d’enrichissement humain et professionnel au sein de la société Semlex,… Mais aussi des moments de découragement et d’adaptation. Voici son histoire.

« Tout commença au mois de Juin 2003. Du haut de mes 17ans, il fallait que je me décide. Quelles études allais-je entreprendre ? Durant toute mon enfance je voulais être psychologue, mais finalement, au dernier moment, je choisis les sciences économiques, un peu par hasard.Je me rendrai compte que j’avais fait le bon choix car je prenais du plaisir à étudier. J’ai donc débuté avec deux candidatures aux Facultés universitaires Saint Louis, suivies d’une licence en Sciences de Gestion à la Louvain School of Management. »

 

Je n’avais que 21 ans lorsque je finis mes études, et je ne me sentais pas du tout prête pour l’univers du travail, le « monde des grands ». En outre, ma soif de voyager demandait à être épanchée. Je voulais prendre une année « sabbatique » avant d’entamer les choses sérieuses. Malgré cela, j’acceptai une place de commerciale dans une PME1 indépendante, Semlex Europe, fondée par un entrepreneur belge, Albert Karaziwan. Cette dernière offrait toutefois l’avantage non négligeable d’envoyer quelques-uns de ses employés à l’étranger…

L’entreprise Semlex fournit des systèmes sécurisés d’identification et d’authentification basés sur la biométrie. Guidée par Albert Karaziwan, l’équipe commerciale dont je faisais partie négociait des contrats en BOT, principalement avec les pays d’Afrique comme le Tchad, la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, Madagascar, etc. Un contrat de type BOT signifie que nous créons, opérons et transférons des systèmes clé-en-main à nos clients. Les Etats contractants nous confient la production de documents d’identité biométriques tels que cartes d’identité, passeports, cartes de séjour, etc.

 

Semlex offre un soutien technique pour l’Etat et dans chaque pays où la société est implantée, nous envoyons un expatrié responsable de la gestion et du bon fonctionnement de ses centres.

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Albert Karaziwan à Mohéli, Comores  » nous annonce qu’un contrat a été signé entre les Iles Comores (…) et Semlex »

En tant que commerciale à Bruxelles, ma fonction était entre autres de préparer les propositions techniques et financières, de me rendre dans les pays où nous avons déjà des contrats pour analyser leur fonctionnement, et de participer à différentes activités telles que par exemple un colloque Interpol.
Après 9 mois d’activité au sein de cette société, un nouveau tournant s’annonce à l’horizon : notre directeur, Albert Karaziwan, nous annonce qu’un contrat a été signé entre les Iles Comores, pays en voie de développement de l’Océan Indien, et Semlex. Monsieur Karaziwan me prévient qu’il faut donc rapidement y envoyer un responsable pour monter le projet et gérer les centres… ce sera moi !

 

Le 9 juin 2008 je m’envole donc pour Moroni, Grande Comore. D’un seul coup d’aile, je passe du statut de « commerciale » au siège de Bruxelles à celui de « directrice » du centre principal à Moroni, Grande Comore et des deux autres centres se trouvant sur les deux autres îles, Anjouan et Mohéli. Le contrat entre Semlex et l’Etat comorien prévoit la production des passeports, cartes d’identité et visas biométriques, ce qui fait un nombre certain de projets différents à gérer simultanément ! La carte de séjour et les permis de conduire biométriques s’ajouteront bien vite à la liste afin de pimenter ma mission.

 

Le premier mois fut consacré au lancement du projet, lequel était entièrement neuf. Tout devait dès lors être mis en place : l’installation du matériel, l’aménagement des bâtiments, la formation du personnel, le lancement de la production provisoire et la résolution de problèmes techniques. Le deuxième mois fut également bien chargé avec notamment l’inauguration et l’ouverture officielle du centre.

La foule présente était venue en masse : le nouveau produit que Semlex lançait est à la pointe de la technologie et de ce fait très attractif. Le timing était en effet idéal du fait que nous étions en période de vacances d’été et que les Comoriens sont de grands voyageurs. Durant ces deux mois, je travaillais chaque jour de 7h30 à 22h : un rythme difficile à suivre physiquement et psychologiquement…en témoignent les 5 kilos partis en fumée pendant ce court laps de temps. Ce rythme m’empêcha également de réellement profiter du pays et de ses richesses naturelles… provisoirement du moins.

Ma fonction englobe principalement la gestion du personnel (environ 50 personnes), la production des documents d’identité biométriques, le suivi technique des machines et du programme informatique, le suivi de la comptabilité, des rapports de production et l’établissement d’un suivi détaillé des stocks…bref, de la gestion d’entreprise. Rien de tel pour me rendre compte que mes quatre années d’étude en sciences de gestion me sont plus que bénéfiques !

Enregistrement biométrique aux Comores – Semlex

Enregistrement biométrique aux Comores – Semlex

Je dois bien avouer que ces deux premiers mois n’ont pas été des plus simples. Ce fut même très difficile. J’eus plusieurs fois l’envie de rentrer mais je m’obligeais à ne pas abandonner, du moins pas sans avoir essayé. J’ai reçu énormément de responsabilités d’un seul coup. La difficulté principale était que je n’avais pas reçu de formation préalable et que je ne savais donc pas du tout à quoi m’attendre, ni ce que je devais réellement faire sur place. Je me suis sentie seule et surtout perdue.

De plus, les Iles Comores sont trois îles à 99% musulmanes. Dans une culture où les femmes ne travaillent pas et ne sont pas considérées comme l’égal des hommes, j’ai dû assumer un statut difficile de « responsable/ directrice » en étant non seulement « femme » mais également « jeune ».

 

 

Ceci n’a pas facilité mon intégration vis-à-vis de mon personnel et des autorités avec qui je dois régulièrement m’entretenir. Petit à petit, j’ai néanmoins réussi à « faire mon nid » et à me faire respecter grâce à la compréhension du mode de fonctionnement des autochtones. Une patience à toute épreuve m’a également permis de mieux appréhender leur façon de travailler et de réagir.

En plus d’avoir des horaires hors normes, la situation économique du pays ne facilite pas mon travail. Nous avons en effet connu plusieurs crises de gasoil des suites de la rupture du contrat liant l’État Comorien et Total. Aucun autre contrat n’avait entretemps été conclu avec une autre société…

L’équipe Semlex et les employés locaux se sont donc retrouvés sans gasoil pendant plus de trois semaines. Les Iles Comores sans gasoil, cela signifie également ni électricité ni eau. Nous n’avions que 3-4 heures d’électricité par jour, le soir uniquement et de manière aléatoire. Nous avons donc dû ouvrir le centre la nuit, ce qui eut comme conséquence que bon nombre de gens étaient énervés, fatigués, et que le personnel était épuisé. Cette période ne fut pas des plus bénéfiques pour mon moral.

 

Avec un peu de recul, je pense que ce qui m’a été le plus difficile à gérer ici, ce n’était pas vraiment la gestion des centres mais plutôt les relations avec les autorités africaines qui exerçaient une pression constante sur mes épaules. Elles ont ainsi tendance à mettre la barre très haut, voire à exiger souvent l’impossible.

 

Comment dès lors réagir à des demandes qui aux yeux d’une autre culture semblent disproportionnées ou parfois simplement irréalisables ? Heureusement, je commence petit à petit à prendre suffisamment de distance par rapport à cette pression et à relativiser. Je me sens mieux et donc je travaille mieux.

 

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Depuis le début du mois d’octobre, je trouve enfin le temps d’explorer le pays et ses mystères en dehors des heures de travail. Cette île en est une aux 1000 parfums, à l’eau turquoise et au sable fin. Sa réputation de petit paradis au sable blanc n’est plus à faire.

Certes la population est extrêmement pauvre et le pays sert de décharge publique, mais certains coins me font tout de même réaliser que j’habite dans l’océan indien. J’ai ainsi eu le plaisir de voir une tortue géante pondre sur la plage, de plonger avec les dauphins et d’écouter le son d’une baleine qui se trouvait à une cinquantaine de mètres de moi… impressionnant et magnifique, ce qui contribue bien évidement à mon bien-être psychologique.

Cette expérience n’est pas facile à assumer tous les jours, mais elle est formatrice et enrichissante, culturellement et professionnellement parlant. Elle valait certainement la peine d’être partagée le temps d’un bref instant d’évasion !

 

Stéphanie Bouvier, LSG 2007

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