Comment les femmes sont devenues la nouvelle arme secrète dans le monde financier ?

femme manageuse

Il y a quelques années de cela, les institutions financières rechignaient à embaucher des femmes. Beaucoup se sont même fait taper sur les doigts par les associations de défense des droits des femmes pour le très faible nombre de femmes qu’elles embauchaient. Cependant depuis quelques années les choses sont en train de changer. Les femmes ont de plus en plus la côte dans le monde de la finance et les banques rivalisent d’adresse pour s’attirer les faveurs des plus talentueuses. Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui explique ce changement de paradigme ? Dans les lignes qui suivent, nous allons voir comment les femmes sont devenues la nouvelle arme secrète dans le monde financier.

Les femmes : la meilleure arme pour attirer les millénials

Benjamin Khor d’iMoney.my a fait allusion au fait que «les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus» quand il s’agit de ce que la nouvelle génération d’investisseurs attend de ses professionnels de la finance. Ce n’est plus le « loup de Wall Street », le martien qu’on veut engager pour gérer son avenir.

La nouvelle hypothèse des investisseurs est que les millénials peuvent faire cavalier seul s’ils veulent simplement investir. Ils peuvent se livrer à l’investissement sur le web en utilisant leur smartphone. Cependant, s’ils veulent des conseils, ils veulent les recevoir de quelqu’un qui se soucie vraiment d’eux et de leur avenir. Ils peuvent également vouloir des informations de quelqu’un qui peut se rapporter à eux et à leurs besoins; bref quelqu’un qui leur ressemble.

Et c’est là que les femmes interviennent. De par leur empathie naturelle, les femmes sont plus enclines à se mettre dans la peau de ceux à qui elles dispensent des conseils financiers. Cette émotivité tant décriée par le passé est ce qui fait maintenant leur succès auprès des institutions financières. Les hommes sont peut-être plus performants à certains égards, mais leur détachement pose problème avec cette clientèle.

Des employées moins prétentieuses et plus performantes

Selon Catalyst, la finance est encore une profession massivement dominée par les hommes. Les femmes ne représentent que 39,2% des postes de direction. Il y a les vieux clichés persistants qui indiquent que les femmes sont plus incertaines de leurs connaissances et donc plus avares au risque que les hommes. Il s’agit bien sûr d’un cliché. Les femmes veulent s’assurer que l’argent sera là quand elles en auront besoin dans le futur et qu’elles sont moins enclines à hypothéquer la ferme pour investir dans la première affaire qui passe sous le nez.

Les femmes semblent avoir une plus faible confiance en soi que les hommes en ce qui concerne leurs connaissances financières. Mais il s’agit là que d’un cliché. Dans la pratique, elles s’avèrent bien meilleures et les chiffres attestent cette performance, même en pleine crise économique. Une étude menée par la banque allemande Comdirect et le DAB révèle que le manque de confiance en soi des femmes ne se traduit pas nécessairement par des choix d’investissement et une gestion plus médiocres.

Cette même étude de la banque allemande Comdirect indique que 58% des hommes ont évalué leur compréhension financière comme bonne ou très bonne, contre seulement 47% pour les femmes. En outre, un échantillon important de près d’un demi-million de portefeuilles privés démontre que pendant la crise économique de 2008, les femmes ont fait 4 à 6 pourcent de mieux que les hommes.

Des travailleurs plus stables

Le cliché standard est que, relativement parlant, les hommes sont des casse-cou financiers qui aiment le risque et que les femmes sont prudentes et veulent la sécurité. Autrement dit, les hommes aiment plus le risque que les femmes. Ou pour reformuler le titre d’un best-seller, les hommes achètent des actions de Mars et les femmes ont un compte d’épargne sur Vénus.

Dans une interview avec la NZZ, Christine Schmid du Crédit Suisse explique que la sous-discipline de la finance des genres traite des différences sociales entre les hommes et les femmes. Elle reconnaît que naturellement, il existe des différences entre les hommes et les femmes, biologiquement et socialement, et cela se reflète dans leur comportements d’investissement». Par exemple, les femmes sont généralement plus intéressées par des questions telles que l’écologie, l’éthique et les microcrédits. Cependant, quand il s’agit d’une situation de crise, cet intérêt n’a pas toujours un impact sur la décision d’investissement réelle.

Une étude menée par le Center for Financial Research de l’Université de Cologne a montré que les femmes gestionnaires de fonds modifient moins leurs portefeuilles que leurs collègues masculins. En outre, les stratégies des femmes et leurs performances ultérieures tendent à être plus stables. Historiquement, les femmes ont eu moins à faire avec les décisions financières que les hommes et leur volume d’investissement a également été inférieur. Cependant, cela est en train de changer.

Des employées plus connectées aux clients

Les entreprises prospères d’aujourd’hui ont besoin d’une main-d’œuvre qui ressemble beaucoup à leurs clients, y compris des talents en début de carrière, des travailleurs à temps partiel, des mères qui travaillent et des entrepreneurs. L’entreprise doit comprendre les défis des clients et partager des valeurs similaires.

Les firmes financières sophistiquées sont en train de casser le code concernant l’intégration des femmes qui ont les compétences nécessaires pour améliorer la position de l’entreprise, de toutes les façons. Etre attentionné est un avantage, pas un moyen de dissuasion à la réussite. En ce qui concerne son avenir financier, la réalité est que, si on a de l’argent pour investir ou pour souscrire une assurance, pourquoi ne pas demander conseil à un professionnel qui a l’habitude de s’occuper des autres?

Edward Jones, une société de services financiers dont l’actif sous gestion s’élève à plusieurs milliers de milliards de dollars américains, réagit de façon proactive à ce nouveau contexte. Au cours d’un échange avec Monica Giuseffi, directrice de l’intégration et de la diversité pour Edward Jones, cette dernière explique avec clarté l’une de leurs stratégies : « Une composante importante de nos efforts consiste à recruter des conseillères financières pour les femmes. Nous avons un programme appelé WHOW (Women Helping Other Women). WHOW réunit un réseau de conseillères financières prospères, de partenaires externes et de collaborateurs à domicile pour partager des idées et les meilleures pratiques en matière de création d’entreprise ».

Monica Giuseffi ajoute : « La sensibilité aux besoins des clients est essentielle pour les aider à construire leur avenir financier. On peut enseigner aux employés les compétences techniques, mais il est beaucoup plus difficile d’enseigner les compétences qui assurent une relation significative et à long terme. Ceux-ci comprennent de grandes compétences en écoute, ainsi que la capacité à faire preuve d’empathie et à avoir une attention pour les détails. »

Les défis à relever

Ce n’est vraiment qu’au 20ème siècle que les femmes ont réussi à abattre de nombreuses barrières dans ce monde dominé par les hommes. Le rôle auquel les femmes ont été reléguées a limité leurs connaissances financières et leurs activités. Cette situation change constamment, mais certains clichés sont ancrés dans les esprits. Quoi qu’il en soit, il est fondamental de comprendre les différences entre les sexes et leur évolution au fil du temps pour comprendre et gérer le monde de l’investissement.

L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes continue de sévir. Selon Fortune, «les conseillers en finances personnelles qui sont des femmes ont tendance à ne gagner que 58% de ce que touchent les hommes.» Ainsi, les institutions financières ont compris l’intérêt qu’il y a à engager des femmes, mais des efforts doivent être faits pour réduire les écarts de salaire qui nuisent profondément à la productivité et à la motivation des femmes qui travaillent dans le secteur financier.

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